
Le projet artistique de Julie Taymor est précis : il ne s'agit pas d'un dessin animé sur scène mais bien de la
théâtralisation du scénario du film. Pour elle, bien qu'il s'agisse d'animaux, ils ne sont qu'un prétexte pour raconter une fable humaine aux thèmes universels. "Le script original raconte une histoire forte et classique, précise Julie Taymor, celle du fils prodigue qui quitte sa famille et part à la quête de la connaissance de soi avant de pouvoir retourner auprès des siens et d'y trouver sa place." Elle décide de retravailler le scénario du film pour développer un livret aux
thèmes encore plus profonds et plus riches, nouveau point de départ de sa création théâtrale. Curieuse, Julie Taymor est une
artiste toujours avide de nouvelles expériences : elle est tour à tour réalisatrice de cinéma, metteur en scène de théâtre et d'opéra ainsi que créateur de costumes, de masques et de marionnettes. Elle saisit l'occasion que lui donne le livret réinventé du " ROI LION" pour unir tous les arts de la scène dans une seule et même pièce de théâtre musical : des chansons pop-rock, des choeurs zoulous, des chorégraphies modern-jazz, de la danse classique
et contemporaine, de la comédie, de l'acrobatie, des marionnettes et même des ombres chinoises. Elle s'inspire de différentes formes de spectacles vivants tels que les masques de danse balinaise ou bien le Bunraku, théâtre de marionnettes japonais où les marionnettistes habillés tout en noir restent visibles à l’oeil des spectateurs. Bien que les protagonistes du "ROI LION" soient des animaux, Julie Taymor souhaite que le côté humain demeure constamment présent sur scène. Qu'il s'agisse des rôles principaux ou du corps de ballet, de la représentation de la faune ou de la
flore, l'artiste-interprète doit rester constamment visible par le spectateur. L'utilisation de masques devient alors une évidence pour Julie Taymor. Elle les sculpte elle-même : "Il fallait que les personnages de Disney restent reconnaissables. Je me suis également inspirée de masques africains plus abstraits, plus stylisés, moins arrondis. Mais on y voit également ma main de sculpteur et mon style personnel. Je voulais qu'ils aient le relief et la profondeur du bois. Je voulais de la texture, des fibres et des matériaux naturels."